Extrait du Figaro, par Delphine Minoui : «Quand la sonnette a retenti, cet après-midi d’hiver, Aya a mécaniquement plaqué son voile sur ses tempes avant d’ouvrir. Sur le perron, Nada, sa meilleure amie, la plus conservatrice du groupe, était là à l’attendre tête nue, de longs cheveux d’ébène habillant ses épaules. «Toi?», lui a-t-elle lancé, toute étonnée de la voir sans foulard. «Pourquoi pas?», a rétorqué sa camarade d’université d’un ton espiègle, en lui faisant signe de la suivre. Ce jour-là, elles avaient prévu de se rendre chez le coiffeur, avant d’aller fêter le mariage d’une amie, dans l’intimité de son nouveau logis. Une fois assise dans le petit salon pour dames du quartier, séparé de l’extérieur par des vitres teintées, Aya a longuement cogité. Puis, une fois ses boucles brunes lissées, elle a souri à son reflet dans le miroir, avant de s’engouffrer dans la rue, le hidjab noué autour de son sac. READ MORE

 

Par Simone, d’après Le Figaro : “La déhidjabisation” :

Depuis quelques temps, l’Egypte connaît un phénomène nouveau : les filles se dévoilent. Parce que la révolution est passée par là, avec le risque qu’on leur impose le voile comme étant obligatoire. Parce que les jeunes se sont révoltés dans les rues main dans la main, filles et garçons, solidaires. Parce que les femmes ont fait partie intégrante de cette révolution. Parce que le masque de certaines chaînes grand public de la région est tombé et parce que la religion se porte avant tout dans son cœur.

Dans le pays d’Asmahan, Oum Kalthoum et Dalida, ce pays où le hijab -le voile-, n’a jamais été obligatoire, les Egyptiens avaient connu une tendance aux têtes couvertes, où plus de 80% des femmes étaient voilées à la fin du règne de Moubarak.

Les choses commencent à changer dès Juin 2013.

Les jeunes filles interviewées par Delphine Minoui du Figaro incarnent la résistance à cette poussée islamiste, et osent « tomber le foulard ». Certains analystes lient ce phénomène à la peur ressentie lorsque Mohamed Morsi a remporté l’élection à la présidentielle, et à la crainte des femmes égyptiennes que le foulard ne devienne obligatoire.. Ces jeunes Egyptiennes semblent exprimer un éveil personnel, où elles ne se sentent plus sous pression pour porter le voile, tout en assumant de rester de bonnes musulmanes.

Cet article montre que le port du voile ou le non-port du voile est en vérité lié à une époque, à un contexte.Il est intéressant de comprendre via cet article que, pour des raisons contextuelles, des jeunes femmes qui sont profondément musulmanes ont envie d’exprimer autrement, aujourd’hui, cette identité musulmane.